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Le
Lude |
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Le château est ouvert à la visite du
1er avril au 30 septembre, de 10h à 12h et de
14h à 18h (jardins), de 14h à 18h (château)
Tél. : (33) 2 43 94 60 09
Spectacle son et lumière "Les féeries
de l'histoire", de juin à août.
Tél : (33) 2 43 94 67 27 |
Le Lude surplombe la vallée
du Loir de ses quatre tours rondes.
Malgré l'apparente régularité de
son plan en quadrilatère, le château a connu
plusieurs états successifs et de nombreuses modifications
qui ont même fait pivoter son orientation de 180° au
XVIIIème siècle.
On ignore presque tout de la forteresse primitive occupée
par les Anglais entre 1425 et 1427, dont il reste quelques
vestiges dans la tour nord-est et dans les sous-sols.
En 1456, Jean de Daillon achète le Lude qui restera
dans la famille jusqu'en 1685.
Au service de Louis
XI, il est également en relation avec l'entourage
du roi
René et confie la reconstruction du château à Jean
Gendrot, maître maçon du duc d'Anjou, qui
a la "charge des oeuvres du sire du Lude".
À la mort de Jean de Daillon en 1482, le Lude revient à son fils
Jacques, également au service du roi. Jacques de Daillon continue probablement
les travaux dans le corps de logis nord et la tour nord-est, et il élève
un autre corps de logis et deux tours au sud, où apparaît le nouveau
répertoire ornemental.
Il faut imaginer le château Renaissance orienté différemment,
avec un plan général en U, disposé autour
d'une cour en forme de trapèze, simplement fermée à l'est
par un mur de clôture. De ce côté et
en contrebas, se trouvait une avant-cour, dont chaque
aile latérale se terminait par une tour.
Le système défensif est ornemental, tant à la
tour nord-est où le chemin de ronde est trop étroit
pour être efficace, que dans les tours sud où une
double lucarne interrompt le mâchicoulis décoratif.
Un remplage gothique de la fin du XVème siècle,
orne le parapet de la tour nord-est, tandis que celui
des tours sud reçoit des médaillons qui
font écho à ceux de la façade.
La façade sud appartient en grande partie au XVIème
siècle, avec quelques modifications et restaurations
du XVIIIème et du XIXème siècles.
Elle est entièrement quadrillée par les
pilastres qui bordent les travées et par les corps
de moulures horizontaux.
D'énormes médaillons occupent les trumeaux.
Cette organisation à l'effet colossal se prolonge
dans les deux tours, où les médaillons
ne sont pas placés au centre des trumeaux mais
rapprochés de la fenêtre, pour paraître
de face.
La progression stylistique indique que l'on a commencé les
travaux par la travée droite de la façade.
En effet, à droite, les chapiteaux des pilastres
ont encore une forme très compacte, une séparation
peu marquée entre le tailloir et la corbeille
et des figures d'angle peu débordantes, selon
une manière qui fleurit autour de 1510.
Les fenêtres de la travée sont couronnées
d'un fronton à coquille qui occupe l'allège
de la fenêtre placée au-dessus, comme dans
le châtelet d'entrée de Gaillon peu avant
1510. Dans la travée centrale et les travées
des tours, les chapiteaux s'étirent en largeur,
avec un tailloir plus développé et des
figures d'angle qui jaillissent hors de la corbeille,
et les frontons à coquille se limitent aux lucarnes,
autant de signes qui montrent un style plus évolué.
Dans la travée gauche, les chapiteaux sont clairement
articulés en profondeur, avec une corbeille nettement
dissociée du tailloir, tels qu'on les rencontre
dans les années 1520-1530.
La sculpture s'affine, avec des rinceaux plus fins et
plus nerveux dans la travée de gauche. À l'intérieur,
on peut encore voir dans la tour sud-est un remarquable studiolo,
commandé dans les années 1560 par Guy de
Daillon.
Un décor de grotesques couvre les voûtes
tandis que des panneaux historiés ornent les murs.
Cette pièce a été réduite
d'un tiers environ à la fin du XVIIIème
siècle, aussi le décor du nouveau mur ouest
date du XIXème siècle.
Au début du XVIIème siècle, on régularise
la cour : doublement du corps de logis ouest, ce qui
enferme la vieille tour d'escalier hors-oeuvre qui débordait
dans l'angle sud-ouest, et réduction de l'épaisseur
du mur nord.
Une nouvelle campagne de travaux intervient à la
fin du XVIIIème siècle, sous la direction
de l'architecte Barré.
Celui-ci supprime l'avant-cour, remplace le corps de
logis ouest par le portique actuel et élève
un nouveau corps de logis à l'est, entre les deux
tours. Il donne ainsi une nouvelle orientation au château.
À l'est, Barré masque les tours par des pavillons latéraux
dont les toitures sont plus élevées que celle du pavillon central,
qui paraît d'autant plus abaissé qu'il est couronné d'un
fronton aplati.
La composition tripartite de la façade, avec de
forts pavillons latéraux évite la rupture
architecturale avec l'élévation de la cour
réalisée au XVIIème siècle.
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