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Le Château de Chinon


 
La tour du moulin domine la Vienne.
 

C'est Philippe Auguste qui permit aux Capétiens de tenir tête aux Plantagenêts et de récupèrer une partie de l'ancien domaine royal. Rattaché à la Couronne, l'Anjou devint apanage du roi de France.
L'ancien comté devint duché et Saint Louis l'offrit à son frère Charles.
Des forteresses furent constuites dans la vallée du Cher, à Culan sur l'Arnon, à Mennetou-sur-Cher, et, surtout, près de la Loire, aux confins de l'Anjou.

« Chinon, ville insigne, ville noble, ville antique, voyre première -du monde»,
nous dit Rabelais dans le prologue du «Quart Livre». Il s'agit, encore aujourd'hui, d'un des plus imposants ensembles fortifiés de France. Le site se prêtait particulièrement à l'édification d'une forteresse.
Chinon domine effectivement la Vienne et le Chinonais.
Les Gaulois, puis les Romains y établirent une place forte.
Thibaut le Tricheur, comte de Blois, reconstruisit le système de défense au coeur bien protégé, dont l'édification s'échelonna ensuite du XIIème au XIVème siècle.
Sur 400 m de longueur et 70 m de largeur, plusieurs bâtiments sont réunis.
Le fort Saint-Georges, le château du Milieu, le château du Coudray témoignent des luttes qui s'y déroulèrent. Henri II, puis Richard Coeur de Lion fortifièrent particulièrement Chinon, ce qui n'empêcha pas Philippe Auguste, en 1205, d'enlever le château fort aux Anglais après un siège de huit mois.
Pourtant, avec les ravins, les escarpements et les constructions qui la protègent, la place peut sembler imprenable. Le fort Saint- Georges, isolé, commande l'entrée du château à l'extérieur.
Une douve sépare ce fort du château du Milieu ; un pont de pierre s'est substitué au pont de bois et au pont-levis d'origine. La tour de l'Horloge, haute de 35 m pour seulement 5 m de large, fait office d'entrée. Y est installé un musée Jeanne-d'Arc, qui rappelle le destin de «Jehanne la Pucelle» et son passage à Chinon.
Enfin, le château du Coudray, auquel on accède par un pont sur les fossés, fut édifié par Philippe Auguste pour défendre sa conquête : au milieu du front oriental se dresse la tour ronde du Coudray, haute de 25 m.
Deux robustes tours d'enceinte ont aussi survécu aux siècles.

Rien n'a changé depuis Jeanne d'Arc. Car on ne peut oublier que c'est avec la Pucelle que Chinon prit son essor sur le plan politique, devenant le symbole du redressement français.
En effet, ce début du XVème siècle s'annonçait sombre pour la monarchie capétienne, les Anglais constituant une menace permanente pour le royaume. Alors apparaît Jehanne, arrivant de Vaucouleurs. Et rien n'est plus émouvant, à Chinon, dans le château en ruine, que ce pan de mur auquel s'accroche encore la cheminée devant laquelle se tenait le «roi de Bourges», lors de la fameuse entrevue du 8 mars 1429 qui allait inaugurer la série des victoires françaises, de la délivrance d'Orléans au sacre de Charles VII à Reims et à la fin de la Guerre de Cent Ans.

Vestiges de la grande salle oł Jeanne d'Arc rencontra Charles VII. 

 

 

 
Diamant Informatique 2003