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Chateaudun


 
Le château est ouvert toute l'année à la visite du 1er octobre jusqu'à mi-avril , de 10h à 11h45 et de 14h à 16h ; de mi-avril au 30 juin,
de 9h à 11h45 et de 14h à 16h ; du 1er juillet au 15 septembre,
de 9h à 19h30 ; du 16 au 30 septembre,
de 9h à 11h45 et de 14h à 16h.
Fermé les 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre et le 25 décembre.
Tél. : (33) 2 37 45 22 70

Châteaudun se dresse à pic au-dessus de la vallée du Loir qu'il domine de près de soixante mètres de hauteur.
Il remplace une forteresse médiévale dont subsiste l'énorme donjon de la fin du XIVème siècle que Dunois préserve comme signe éloquent de son pouvoir féodal lorsqu'il entreprend d'élever un nouveau château au milieu du XVème siècle.
La personnalité de Jean d'Orléans, comte de Dunois, compagnon de Jeanne d'Arc, éclaire cette entreprise ambitieuse. Également connu sous le nom du bâtard d'Orléans, Jean d'Orléans est le demi-frère de Charles d'Orléans qui lui donne en 1439 le comté de Dunois dont Châteaudun est la capitale, en récompense de ses talents militaires. Il reçoit aussi du roi le comté de Longueville et il est légitimé en 1451, ce qui fait de lui un prince de sang dont les descendants vont former la branche des Orléans-Longueville.
Aussitôt Dunois entreprend de construire un château à la mesure de son nouveau rang.
Dès 1450, il refait la couverture du donjon dont l'énorme masse circulaire s'appuie sur des murs de quatre mètres d'épaisseur à la base, et il y aménage sa "librairie".
En 1451, il commence la chapelle qui comporte une chapelle basse réservée au seigneur et une chapelle haute à l'usage des serviteurs, selon une organisation inversee par rapport à la tradition.
Le dessin délicat des voûtes triangulaires de la nef, les remplages flamboyants, et la série des douze grandes statues en font un bel ensemble du XVème siècle.
En 1456, Dunois obtient du roi un fragment de la Croix provenant des reliques acquises par saint Louis et en 1468 l'édifice est érigé en sainte chapelle.
Puis, vers 1460, Dunois élève l'aile ouest et le grand escalier situé en retour dans l'aile nord. Pour le logis comme pour la chapelle, il fait appel à un maître maçon de Rouen, ce qui s'explique parfaitement par les échanges de l'époque : la rivière du Loir, prolongée par l'Eure, est une voie navigable entre l'Anjou et la Normandie.
La mort de Dunois interrompt les travaux vers 1470 et empêche la construction de l'aile nord qui sera élevée par son petit-fils François II de Longueville à partir de 1510 environ.

La forteresse de Dunois est impressionnante en raison du site, l'escarpement lui donne un aspect formidable, mais elle n'est pas pourvue d'un réel appareil défensiien dehors du machicoulis.
Seules des échauguettes pointues remplacent les habituelles tours d'angle; le chemin de ronde ne comporte pas de meurtrières mais s'ouvre par des lucarnes.
Le grand escalier est un véritable chef-d'oeuvre, avec une façade complètement ouverte en "loggias" couronnées d'extraordinaires frontons à remplages flamboyants, empruntés à l'architecture religieuse.
C'est le seul cas connu d'escalier en vis construit à l'intérieur d'un bâtiment, à une époque où toutes les vis sont hors-oeuvre. Il fallait donc trouver, pour signaler cet escalier invisible, une façon originale de l'exprimer dans la façade.
L'idée est ainsi née d'utiliser un système de travée d'église double où l'on retrouverait le niveau des grandes arcades et celui des fenêtres hautes.
Toutefois, la présence d'une traverse et l'utilisation d'un seul meneau distinguent l'ouverture d'une véritable baie religieuse où le remplage est porté par des trilobes qui reposent sur plusieurs meneaux.
À l'intérieur, de grands paliers rectangulaires s'intercalent entre la vis et la façade.
Ils donnent plus d'aisance à la circulation et apportent une solution élégante au problème de l'ouverture des portes sur un escalier en vis.
L'aile nord, construite par François II de Longueville entre 1510 et 1518, est desservie par un second escalier qui reprend le même parti que celui de Dunois, avec un décor italianisant.
Cette dernière campagne de travaux est particulièrement intéressante parce qu'elle s'enrichit de l'influence de Gaillon en Normandie, bien perceptible dans le détail des motifs ornementaux.
 

 

 
Diamant Informatique 2003