L'homme apparut dans le Cher dès le paléolithique, mais
c'est surtout à l'époque celtique que la renommée
du peuple biturige dépassa nos frontières.
Malgré une défense héroïque, leur capitale,
Avaricum, fut prise et détruite par Jules César en 52 av.
J.-C. La paix romaine et la prospérité s'étendirent
durant trois siècles sur tout le territoire.
Après une période troublée du IVème siècle
siècle au XIème siècle , le Cher, partie orientale
de la province de Berry, sous le gouvernement des vicomtes, fut l'objet
de nombreux enjeux qui entraînèrent destructions et pertes
humaines.
Ce n'est qu'au XIème siècle , avec la paix revenue, que
s'élevèrent des monuments religieux encore visibles. Philippe
Ier acheta Bourges et sa vicomté.
En 1101, le Berry entra dans le domaine royal et, en 1137, Louis VII
fut sacré dans la cathédrale de Bourges.
La région connut alors une vie prospère et, dès
la fin du XIIème siècle jusque vers 1250, les Berruyers
virent s'élever leur magnifique cathédrale gothique.
Malgré les vicissitudes de la guerre de Cent Ans, la présence à Bourges
et à Mehun-sur-Yèvre du duc Jean, fils, frère et
oncle de rois, auquel le Berry avait été donné en
apanage en 1360, entraîna un renouveau artistique de premier ordre.
Sous son mécénat, sculpteurs, enlumineurs, maîtres
verriers, architectes réalisèrent des chefs-d'uvre,
aujourd'hui dispersés ou disparus.
Un peu plus tard, Charles
VII, réfugié en Berry, trouva un appui financier
auprès de son argentier Jacques Cur dont la prospérité fut
le fruit de son intense activité commerciale.
En 1487, l'incendie de la "Madeleine" détruisit une
grande partie de la ville de Bourges qui connut alors une période
de reconstruction (maisons à pans de bois, hôtel Lallemant...).
Avec le règne de Louis
XI, natif de Bourges, la capitale du Berry devint le siège
d'une université dont la renommée attira de nombreux étudiants étrangers.
Des maîtres célèbres y enseignèrent (Calvin
et Cujas) malgré les troubles consécutifs aux guerres
de Religion. En 1572, les protestants de la ville de Sancerre furent
assiégés par les troupes royales pendant de longs mois.
La région connut ensuite une période de langueur. Pourtant
en 1778, elle devint l'une des provinces pilotes pour être administrée
par une Assemblée provinciale élue (ancêtre du Conseil
général) où des notables éclairés,
tel Béthune-Charost, prirent une part active.
La Révolution resta surtout dans les mémoires à travers "la
Vendée du Sancerrois" qui agita Val de Loire et Pays
Fort, et la division en deux départements, Cher et Indre, de
l'ancienne province de Berry.
Le second Empire, marqué par le voyage de Napoléon III
dans le département, vit le début d'importants travaux
d'assainissement et d'aménagement de la Sologne et
la construction d'arsenaux à Bourges dont l'efficacité fut
particulièrement ressentie pendant la Grande Guerre.
L'industrie métallurgique, connue dès l'époque romaine,
vit son apogée au milieu du XIXème siècle ; elle
se transforma ensuite en industries à technologies spécialisées.
Aujourd'hui, le Cher s'oriente vers les techniques de pointe, en regroupant,
dans un salon, la productique, la télématique et la vidéo-communication.