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Gabrielle d'Estrées - (vers 1573-1599)


 
"Mon affliction est aussi incomparable que l'était le sujet qui me la donne. Les regrets et les plaintes m'accompagneront jusqu'au tombeau. La racine de mon cœur est morte et ne rejettera plus...", écrivait Henri IV au lendemain de la mort de sa favorite, à laquelle il fit des funérailles royales. Décédée brutalement à l'âge de vingt-six ans alors qu'elle attendait un quatrième enfant du roi Henri, Gabrielle d'Estrées s'apprêtait à épouser le souverain, qui avait fait sa connaissance en 1590, au château de Coeuvres, dont Antoine d'Estrées, son père, disait qu'il était un "clapier à putains".
Elle était devenue sa maîtresse l'année suivante, son mariage ayant bientôt été dissous pour impuissance du mari.
Probablement née en 1573 au château de la Bourdaisière, à Montlouis, qu'avaient fait reconstruire ses grands-parents maternels, elle s'était laissé gagner par la tradition familiale, sa grand-mère ayant été la maîtresse de François 1er.
La belle Gabrielle n'avait que seize ans quand sa mère la présenta au roi Henri IV pour qu'il en fasse sa favorite. Le monarque ne l'aurait pas trouvée à son goût.
Pourtant, à en croire Mlle de Guise, "son visage était lisse et transparent comme une perle, dont il avait la jeunesse et l'eau. Le satin blanc de sa robe paraissait noir à comparaison de la neige de son beau sein. Ses lèvres étaient couleur de rubis, et ses yeux, d'un bleu céleste, si luisants qu'on eût pu difficilement juger s'ils empruntaient au soleil leur vive lumière ou si ce bel astre leur était redevable de sa clarté". On lui prêta dès lors pas mal d'amants, du cardinal de Guise au duc de Bellegarde, et du duc de Longueville à...Henri de Navarre. Le Vert-Galant la combla de faveurs, lui offrant un luxe inouï et de nombreuses terres et seigneuries.
On prêta même une certaine influence dans les affaires du royaume à cette "grande dame de petite vertu" qui assista au sacre royal en la cathédrale de Chartres. La favorite accompagna son amant dans bien d'autres voyages officiels, notamment à Nantes, lorsqu'il signa le célèbre édit, et à Tours, le 25 mai 1598, où le roi et sa maîtresse furent accueillis par le maire et le gouverneur.
L'annulation par le pape du mariage de Henri de Navarre et de Marguerite de Valois (la reine Margot) permit d'annoncer l'union officielle à la cour vers le milieu du carême 1599. Mais la favorite ne devint jamais la souveraine. Enceinte de six mois, elle fut prise de fatales convulsions dans la nuit du 9 au 10 avril, tandis que l'on mettait la dernière main aux préparatifs du mariage qui devait avoir lieu quelques heures plus tard.
 

 

 
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