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Diane de Poitiers - (1499-1566)


 
Loire, Tourisme, Château "En fait de choses amusantes, il y a encore à Chenonceau, dans la chambre de Diane de Poitiers, le grand lit à baldaquin de la royale concubine, tout en damas blanc de cerise. S'il m'appartenait, j'aurais bien du mal à m'empêcher de ne m'y pas mettre quelquefois.
Coucher dans le lit de Diane de Poitiers même quand il est vide, cela vaut bien coucher dans celui de réalités plus palpables. N'a-t-on pas dit qu'en ces matières tout le plaisir n'était qu'imagination
", remarquait Gustave Flaubert dans l'évocation de ce château d'où transpirait, selon lui, "je ne sais quoi d'une suavité singulière et d'une aristocratique sérénité".

Diane ! Entrée dans la légende... Née en 1499 dans le Dauphiné, cette fille du seigneur de Saint-Vallier avait quinze ans quand elle épousa Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie et petit-fils de Charles VII et Agnès Sorel.
Devenue dame d'honneur de la reine Louise de Savoie trois ans plus tard, elle fut veuve dès 1531, devenant alors dame d'honneur d'Éléonore d'Autriche.
Aucune date n'aura pas contre été consignée quant à sa rencontre avec le dauphin Henri, de vingt ans son cadet et marié depuis 1533 avec Catherine de Médicis.
La tradition veut que François Ier ait poussé celle qui fut l'une de ses maîtresses dans les bras de son fils trop timide, sa liaison avec Diane ayant été connue vers 1539. Elle sera présente à Reims, en 1547, quand Henri II s'y fera couronner.
Follement aimée du nouveau roi qui lui offrira les plus beaux joyaux de la couronne, Diane de Poitiers jouera dès lors un rôle politique non négligeable, notamment dans son refus du calvinisme.
Le souverain lui avait aussi offert Chenonceau, bien que ce domaine fût un bien inaliénable de la couronne. Elle y résida souvent, y faisant travailler les meilleurs artistes et architectes, notamment pour jeter un pont sur le Cher, dans la continuité du château.
La mort accidentelle d'Henri II dans un tournoi, en 1559, mit fin au "règne" de cette "déesse de la Renaissance" qui régla même les obsèques du monarque qui l'avait tant aimée, leur durable histoire d'amour ayant été un exemple du genre.

Jusque-là dédaignée comme reine et comme épouse, Catherine de Médicis allait dès lors prendre sa revanche, la nouvelle maîtresse du royaume ayant non seulement récupéré les bijoux de Diane, mais aussi son château de Chenonceau. L'ancienne favorite reçut en échange celui de Chaumont, mais elle n'en profita guère, la mort l'ayant cueillie en 1566 en son castel d'Anet.
Brantôme, qui la qualifia de «Belle des Belles», lui avait rendu une dernière visite, alors qu'elle avait soixante-six ans : "Je vis cette dame six mois avant qu'elle mourût, si belle encore, que je ne sache cœur de rocher qui ne s'en fût ému.".

Profanation du tombeau de Diane à la Révolution dans l'Eglise d'Anet

Cinq semaines après le décès de son dernier propriétaire, le duc de Penthièvre (fils du comte de Toulouse lui-même fils bâtard de Louis XIV), le château d'Anet fut mis sous séquestre (1793).
L'année suivante, la société populaire prit possession de la chapelle sépulcrale pour y tenir ses séances, abriter les audiences du tribunal de paix et loger la garde nationale. Le 18 juin 1795, deux commissaires de la Sûreté Générale de Dreux firent irruption dans la chapelle sépulcrale à la tête d'un groupe de patriotes.

Le caveau ouvert, le cercueil éventré, le corps de Diane apparut, parfaitement conservé. On le jeta dans une charette avec deux petits cadavres inhumés à ses côtés : c'étaient deux de ses petits enfants morts en bas âge, mais on eut vite fait d'y voir les restes "des enfants qu'elle avait eu de son commerce avec le roi".
Pendant que les pauvres dépouilles basculaient dans la fosse commune du cimetière, l'un des profanateurs saisit la chevelure de Diane, qui se détacha du crâne, et l'on se partagea dans un esprit de haine et de vengeance les boucles et les tresses de la femme incomparable qui, part le seul effet de ses charmes et de son habileté, avait capté à son profit la puissance de la monarchie française.

On avait fait le vide dans la chapelle comme dans le château qui était destiné à la démolition. Mais il restait encore à Anet des fragments du mausolée, le groupe de Diane au cerf et huit bustes. L'administration centrale du département d'Eure-et-Loir les transféra en 1798 au musée des Petits Augustins, où l'architecte Lenoir les fit restaurer.
Recherchant d'autres restes, il vint à Anet où il récupéra le retable de l'autel qui servait de seuil à une maison et le sarcophage de marbre noir qu'on avait utilisé à Rouvres comme auge à cochons...
 
 

 

 
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