Devenue dame d'honneur de la reine Louise
de Savoie trois ans plus tard, elle fut veuve dès
1531, devenant alors dame d'honneur d'Éléonore
d'Autriche.
Aucune date n'aura pas contre été consignée
quant à sa rencontre avec le dauphin Henri, de
vingt ans son cadet et marié depuis 1533 avec
Catherine
de Médicis.
La tradition veut que François
Ier ait poussé celle qui fut l'une de ses
maîtresses dans les bras de son fils trop timide,
sa liaison avec Diane ayant été connue
vers 1539. Elle sera présente à Reims,
en 1547, quand Henri
II s'y fera couronner.
Follement aimée du nouveau roi qui lui offrira
les plus beaux joyaux de la couronne, Diane de Poitiers
jouera dès lors un rôle politique non négligeable,
notamment dans son refus du calvinisme.
Le souverain lui avait aussi offert Chenonceau,
bien que ce domaine fût un bien inaliénable
de la couronne. Elle y résida souvent, y faisant
travailler les meilleurs artistes et architectes, notamment
pour jeter un pont sur le Cher, dans la continuité
du château.
La mort accidentelle d'Henri
II dans un tournoi, en 1559, mit fin au "règne"
de cette "déesse de la Renaissance"
qui régla même les obsèques du monarque
qui l'avait tant aimée, leur durable histoire
d'amour ayant été un exemple du genre. |
Jusque-là dédaignée
comme reine et comme épouse, Catherine
de Médicis allait dès lors prendre
sa revanche, la nouvelle maîtresse du royaume
ayant non seulement récupéré
les bijoux de Diane, mais aussi son château
de Chenonceau. L'ancienne favorite reçut
en échange celui de Chaumont,
mais elle n'en profita guère, la mort l'ayant
cueillie en 1566 en son castel d'Anet.
Brantôme, qui la qualifia de «Belle
des Belles», lui avait rendu une dernière
visite, alors qu'elle avait soixante-six ans : "Je
vis cette dame six mois avant qu'elle mourût,
si belle encore, que je ne sache cur de rocher
qui ne s'en fût ému.".
Profanation du tombeau de Diane à la Révolution
dans l'Eglise d'Anet
Cinq semaines après le décès
de son dernier propriétaire, le duc de Penthièvre
(fils du comte de Toulouse lui-même fils bâtard
de Louis
XIV), le château d'Anet fut mis sous séquestre
(1793).
L'année suivante, la société
populaire prit possession de la chapelle sépulcrale
pour y tenir ses séances, abriter les audiences
du tribunal de paix et loger la garde nationale. Le
18 juin 1795, deux commissaires de la Sûreté
Générale de Dreux firent irruption dans
la chapelle sépulcrale à la tête
d'un groupe de patriotes.
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Le caveau ouvert, le cercueil éventré,
le corps de Diane apparut, parfaitement conservé.
On le jeta dans une charette avec deux petits cadavres
inhumés à ses côtés : c'étaient
deux de ses petits enfants morts en bas âge, mais
on eut vite fait d'y voir les restes "des enfants
qu'elle avait eu de son commerce avec le roi".
Pendant que les pauvres dépouilles basculaient
dans la fosse commune du cimetière, l'un des
profanateurs saisit la chevelure de Diane, qui se détacha
du crâne, et l'on se partagea dans un esprit de
haine et de vengeance les boucles et les tresses de
la femme incomparable qui, part le seul effet de ses
charmes et de son habileté, avait capté
à son profit la puissance de la monarchie française.
On avait fait le vide dans la chapelle comme dans le
château qui était destiné à
la démolition. Mais il restait encore à
Anet des fragments du mausolée, le groupe de
Diane au cerf et huit bustes. L'administration centrale
du département d'Eure-et-Loir les transféra
en 1798 au musée des Petits Augustins, où
l'architecte Lenoir les fit restaurer.
Recherchant d'autres restes, il vint à Anet où
il récupéra le retable de l'autel qui
servait de seuil à une maison et le sarcophage
de marbre noir qu'on avait utilisé à Rouvres
comme auge à cochons... |