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Agnès Sorel - (vers 1410-1449)


 
"Oncques, en aucun pais, reine tant belle ni divine ne fut... et comme entre les belles elle était tenue pour la plus belle du monde, elle fut appelée damoyselle de Beauté", rapportait un contemporain de celle qui fut la première favorite officielle et à laquelle le roi avait offert la seigneurie et le château de Beauté-sur-Marne.
De combien d'autres faveurs Agnès Sorel fut-elle l'objet ?
Née, selon la tradition, vers 1410 au village de Fromenteau, prés d'Yzeures-sur-Creuse, la belle Agnès apparut pour la première fois dans les textes en 1444, alors qu'elle était dame de compagnie d'Isabelle de Lorraine. Ce fut au moment où cette dernière partit à la reconquête de son royaume de Naples, à la fin de cette année-là, que la jeune femme entra à la cour de la reine Marie d'Anjou, épouse de Charles VII. La dame d'honneur de la souveraine ne tarda pas à devenir la "mie" de l'indolent monarque.
En étant "si durement assoté" qu'il ne pouvait plus se passer d'elle "ni au lit, ni à table, ni au Conseil", il la couvrit de tous les privilèges, un chroniqueur de l'époque affirmant à son propos : "Elle avait plus beaux parements de lits, meilleure tapisserie, meilleure vaisselle, meilleurs bagues et joyaux, meilleure cuisine, meilleur tout !" Durant les cinq années qu'elle passa dans l'entourage du roi, Agnès Sorel vécut essentiellement en Touraine, résidant tantôt à Chinon, tantôt à Huismes, ou encore à Beaulieu-lès-Loches, dans une maison dite depuis d'Agnès Sorel.
La Dame de Beauté accompagna aussi la cour dans nombre de ses déplacements, notamment à Mehun-sur-Yèvre, l'un des lieux de séjour préférés du "petit roi de Bourges".
Jacques Cœur, le célèbre financier du souverain, fut d'ailleurs l'exécuteur testamentaire de la favorite, qui joua aussi un indéniable rôle politique.
Inspiratrice de la reconquête et du renouveau économique du royaume, elle contribua notamment en coulisses aux réformes de l'armée, de la justice et de la fiscalité.
Assistant à nombre d'entretiens politiques, la "maîtresse régnante" sut en effet orienter les choix d'un souverain auquel on avait jusqu'alors reproché un piètre entourage et une certaine mollesse.
Devenu à partir de cette rencontre plus lucide et plus hardi, Charles VII devra à sa belle d'avoir vaincu sa timidité... et les Anglais, au point qu'on l'appellera dés lors "le bien servi" et "le victorieux".
Mais celle qui fut l'aiguillon du roi ne connut pas ces heures glorieuses : ayant déjà donné trois filles à son amant, Agnès Sorel mourut d'un "flux de ventre" en menant au monde, en 1449 au château du Mesnil, un fils qui ne survécut pas. Le monarque se consola dans les bras de sa cousine, Antoinette de Maignelais, épouse du seigneur de La Guerche. Mais, aussi court qu'ait été le "règne" de la Dame de Beauté, cette dernière n'en allait pas moins devenir une héroïne quasi légendaire. Le tableau de son protégé, Jean Fouquet, contribua largement à sa postérité, le peintre tourangeau ayant en effet signé la célèbre peinture de "La vierge à l'Enfant", où ladite vierge, un sein découvert, emprunte ses traits à Agnès Sorel. Lequel sein fit couler beaucoup d'encre à propos de cette "reine sans couronne" dont René de Chateaubriand fit même l'éloge :
Tombeau d'Agnès Sorel
"Seule de toutes les maîtresses de nos rois, Agnès Sorel a été utile au Prince et à sa patrie".

Éploré, le roi fit la commande de deux magnifiques tombeaux de marbre, l'un contenant son cœur à Jumièges, l'autre son corps à Loches.

Il est à noter qu'Agnès Sorel fut la première maîtresse officielle d'un roi de France.
 

 

 
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