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Louis XIV (1643-1715)


 
Louis XIV, "le Grand", né en 1638 à Saint-Germain-en-Laye, fils et successeur du précédent.
Il n'avait que cinq ans à son avènement ; sa mère, Anne d'Autriche, fut officiellement régente jusqu'en 1651 ; en fait, ce fut l'homme de confiance de celle-ci, le cardinal Mazarin, qui gouverna, et cela jusqu'à sa mort en 1661.

Le gouvernement de Mazarin - Le ministère de Mazarin fut marqué par deux ordres de faits importants : au point de vue intérieur, la guerre civile de la Fronde, dernière manifestation brutale et désordonnée d'opposition armée à l'autorité royale, et dont l'échec assura le triomphe de la monarchie absolue ; au point de vue extérieur, la fin de la guerre de Trente ans et la fin de la guerre particulière avec l'Espagne qui en fut comme un prolongement (traité de Münster en Westphalie, en 1648, qui introduisit la domination française en Alsace; traité des Pyrénées, en 1659, qui assura à la France, aux dépens de l'Espagne, des agrandissements territoriaux immédiats, Artois, Roussillon, et, par le mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, fournit matière aux revendications ultérieures de Louis XIV sur la succession d'Espagne).

L'absolutisme à l'apogée - A partir de 1661, Louis XIV fut lui-même, suivant son expression, son Premier ministre. Son gouvernement personnel, qui dura 54 ans, fut l'apogée en France de la monarchie absolue : les circonstances s'y prêtèrent, mais la personnalité même du roi y contribua aussi pour une très large part (air d'aisance majestueuse qu'il gardait jusque dans ses moindres actes et qui donnait de lui l'impression d'un être au-dessus de la commune condition humaine; idée très haute qu'il se faisait des droits comme des devoirs de la royauté ; assiduité exemplaire à diriger lui-même les affaires de son royaume et à remplir son "métier" de roi).
Servi par de grands ministres (Colbert, qui lui assura des ressources en développant la richesse publique et en mettant de l'ordre dans les finances royales, et qui lui créa une marine de guerre ; Le Tellier et son fils, Louvois, qui lui donnèrent l'armée nécessaire à sa politique ; Hugues de Lionne, habile diplomate, formé à l'école de Mazarin), et par de grands généraux (au premier rang Condé et Turenne), pourvu de plus de ressources qu'aucun autre souverain d'alors et disposant de l'armée la plus forte, Louis XIV se trouve en état de faire la loi à l'Europe.

Louis XIV et l'Europe - Le roi fut rapidement conduit à une politique de prestige et de force par le désir qu'il avait, dès le lendemain du traité des Pyrénées, de régler à son avantage la succession d'Espagne et d'assurer l'achèvement territorial du royaume, mais aussi par un sentiment d'orgueil qui lui faisait mépriser le roi d'Espagne (tout en le craignant) et entreprendre de prouver en toutes circonstances que la couronne française était bien la première de la chrétienté.
De ses ambitions, de son rêve de grandeur, de la volonté manifestée par les puissances européennes jalouses, inquiètes, ou réellement menacées selon les cas, mais toutes dressées en de multiples coalitions contre la politique du roi de France, sortirent quatre grandes guerres. La guerre de Dévolution (1667-1668), puis la guerre de Hollande (1672-1678) lui permirent d'enlever à l'Espagne de nouveaux territoires (morceaux de la Flandre, Franche-Comté) et de reculer d'autant, au Nord et à l'Est, les frontières du royaume.
Mais les autres États commencèrent à s'unir contre lui. Déjà, à son agression contre la Hollande (1672) avait répondu une première coalition européenne.
De nouvelles manifestations de sa politique envahissante et provocante (notamment les "réunions" opérées par lui en pleine paix, de 1679 à 1681) en déterminèrent une seconde et ce fut la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697) ; il tint tête, comme dans la guerre de Hollande, à ses adversaires, mais déjà plus difficilement. Enfin l'ouverture de la succession d'Espagne en provoqua une troisième. La guerre de la Succession d'Espagne (1701-1714) lui valut de graves échecs ; la France fut envahie et parut sur le point de succomber; différentes circonstances, entre autres la victoire de Villars à Denain (1712), lui permirent de se relever et de conclure la paix (traités d'Utrecht et de Rastatt) sans de trop gros sacrifices : un des petits-fils de Louis XIV, Philippe V, était reconnu comme roi d'Espagne ; la France gardait à peu près intégralement ses acquisitions territoriales en Europe, mais elle sacrifiait certains de ses territoires coloniaux, cédés à l'Angleterre ; surtout, elle sortait de la guerre fatiguée et dépossédée de la suprématie qu'elle avait, un moment, exercée en Europe.
Louis XIV allait laisser le royaume épuisé et affaibli par les dernières années de son règne.

Ombres et lumières du règne - Louis XIV créa de toutes pièces, à Versailles, l'immense palais qui, à partir de 1682, devint la résidence habituelle du roi et de la cour. Conseillé par Colbert, il se donne le rôle de mécène, protecteur des lettres, des sciences et des arts. Une réunion rare de grands écrivains et de grands artistes contribue, autant que la supériorité de ses armes, à donner à son règne un éclat et, pendant longtemps, à la France un prestige également exceptionnels : ce fut "le siècle de Louis XIV".
En matière religieuse, Louis XIV persécuta les dissidents, Port-Royal et les protestants, et, moins prudent que Richelieu et que Mazarin, entreprit de ramener ces derniers, de gré ou de force, au catholicisme : la révocation de l'Édit de Nantes (1685) et ses conséquences dommageables à la France (émigration de nombreux protestants ; révolte des protestants des Cévennes, les Camisards, en pleine guerre de la succession d'Espagne) furent l'aboutissement de cette politique.
Louis XIV eut de nombreuses maîtresses : les principales furent Mlle de La Vallière et Mme de Montespan.
Après la mort de la reine Marie-Thérèse, il épousa secrètement Mme de Maintenon.
De Marie-Thérèse il eut six enfants, trois fils et trois filles. Seul, le fils aîné, Louis dit "le Grand Dauphin", vécut jusqu'à l'âge d'homme.
De ses maîtresses il eut également, et en plus grand nombre, des enfants qu'il fit légitimer : de Mlle de La Vallière, le comte de Vermandois et Mademoiselle de Blois, mariée au prince de Condé, de Mme de Montespan, le duc du Maine, le comte de Toulouse, Mademoiselle de Nantes, mariée au duc de Bourbons , une autre Mademoiselle de Blois, mariée à Philippe d'Orléans, le futur régent.
 

 

 
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